Les secrets du Karité


karitéCinq clés pour mieux connaître cet ingrédient star de la cosmétique et source de revenus pour les Africaines.

Qu’est-ce que le karité en cosmétique ?

Il s’agit en fait de beurre de karité (désigné sous son nom latin butyrospermum parkii dans la liste Inci, la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques), une matière grasse végétale à la texture fondante et à l’odeur prenante. On l’extrait des amandes d’un arbre tropical de la même famille botanique (les sapotacées) que l’arganier. Le karité n’en fait qu’à sa tête. Il ne pousse qu’en Afrique, uniquement à l’état sauvage, ne donne des fruits qu’au bout de vingt-cinq ans, et d’une année à l’autre, sa récolte, tributaire des variations climatiques, est des plus capricieuses.

On ne peut en effet utiliser que les fruits déjà tombés à terre. Comme leur maturité a lieu pendant la saison des pluies, il faut les ramasser très vite car ils germent aussitôt. Les karités poussent en savane arborée, dans une zone géographique englobant seize pays (du Mali au Soudan). Au Nigeria, le plus gros producteur, quasiment toute la production est consommée sur place, comme graisse de cuisson, pour faire du savon, des bougies, ou encore entretenir la peau. Le Burkina, de son côté, est le principal exportateur.

Comment obtient-on du beurre de karité ?

En Afrique, on appelle le karité « l’or des femmes », car ce sont elles qui assurent sa transformation, ce qui leur procure un pécule personnel. Au Burkina, elles sont à « 90 % analphabètes et vivent en milieu rural », selon l’Occitane, qui a mis en place, depuis vingt-cinq ans, sa propre filière (3/4 du karité produit dans le pays). Elle achète le beurre sur place à prix correct en négociant directement avec trois unions de productrices regroupant 11 000 femmes sur les 400 000 impliquées.

Elle a aussi créé un fonds social, une fondation d’entreprise et un cahier des charges qualité. Lors de l’extraction réalisée pour l’Occitane (dite « par pression »), les amandes sont lavées, concassées, torréfiées puis moulues. Elles donnent une pâte très fine, longuement barattée avec de l’eau jusqu’au blanchiment. L’émulsion beurre-eau obtenue en surface est ensuite lavée, remise à cuire, décantée puis filtrée. Il s’agit donc d’opérations longues et fastidieuses, variant légèrement d’un pays à l’autre, mais qui préservent les propriétés de ce karité dit « brut ».

Néanmoins en Afrique, faute de moyens, le karité vendu localement sur les marchés est souvent de qualité médiocre. Par ailleurs, la plupart des gros importateurs pour l’industrie alimentaire n’achètent que les noix, qui seront ensuite tranformées dans les pays riches par extraction chimique.

Quelles sont ses propriétés ? 

Le beurre de karité renferme des acides gras, des vitamines A et E, et ce qu’on appelle des insaponifiables (substances qui ne peuvent être transformées en savon quand elles sont traitées par la soude). « La proportion de ces derniers peut aller jusqu’à 17 % pour certains beurres, plus que l’avocat. La composition du karité est singulière, il n’existe pas de matière aussi complexe dans l’univers des corps gras », explique Michèle Nicoué-Paschoud, pharmacienne, qui a consacré sa thèse de doctorat au karité.

Ces précieux insaponifiables sont riches en éléments aux propriétés cicatrisantes, désinfectantes, anti-inflammatoires et même anti-UV. Panacée aux vertus polyvalentes, le karité est traditionnellement utilisé en Afrique pour masser les bébés, soigner les foulures, ou apaiser les peaux malmenées par le soleil. « Le pouvoir hydratant du karité est très net surtout sur un épiderme humide ; sous les tropiques, la moiteur ambiante facilite sa pénétration », relève la pharmacienne.

Comment reconnaît-on un bon karité ? 

Sa couleur va du gris-beige au jaune paille et son odeur peut être plus ou moins forte, mais surtout pas rance. « Un bon karité ne doit pas laisser de sensation poisseuse sur la peau quand on l’étale. Si le latex qu’il renferme est bien émulsionné avec les composants gras, il ne sera pas occlusif.

Autrement, il peut rester sur l’épiderme, et même devenir irritant, explique Michèle Nicoué-Paschoud. Mieux vaut acheter du karité raffiné qu’un mauvais karité brut. » On peut aussi désormais trouver du beurre bio certifié*, notamment en provenance du Burkina. Même si le karité est un arbre sauvage, certaines cultures, comme le coton, lui sont parfois associées, et elles emploient beaucoup d’engrais chimiques si elles ne sont pas produites en bio.

Dans quoi trouve-t-on du karité ?

Qu’il soit utilisé brut ou raffiné, il est devenu l’un des ingrédients phares de la cosmétique. Le site Internet http://www.beaute-test.com totalise 280 produits qui affichent le karité dans leur appellation : shampooings, baumes, laits pour le corps, sans compter les dizaines d’autres qui en renferment sans le mettre en avant.

Mais grâce à sa richesse inégalée en insaponifiables, c’est dans les savons qu’il fait vraiment sa star. Pour évaluer la quantité de karité incorporée, une petite astuce : plus il est placé loin dans la liste Inci des ingrédients figurant sur l’étiquette, moins il y en a…

* Karités bruts et raffinés chez Codina (www.codina.net) et arc en sels (www.arcensels.com). 

Source:http://www.mariefrance.fr/

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