L’obésité devient une pandémie jamais égalée


Les chiffres ont été divulgués hier. Ils sont ahurissants. Presque terrifiants. Le surpoids et l’obésité relèvent de la pandémie. Ils causent des millions de morts.

Aucune maladie n’a jamais frappé à cette échelle. L’épidémie de surpoids et d’obésité est devenue pandémie. Elle est désormais planétaire. En 1980, la surcharge pondérale touchait 857 millions d’individus, pour près de 2,1 milliards aujourd’hui, soit près de 30% de la population mondiale. Le fléau décime 27,5% des adultes, et 47,1% des enfants et des adolescents. Il s’est aggravé tant dans les pays riches, où il a été longtemps cantonné, que dans les pays pauvres ou émergents.Ces chiffres viennent d’être publiés dans la revue médicale britanniqueThe Lancet. Pour mener à bien cette étude, quelque 160 chercheurs ont passé au crible les statistiques provenant de 183 pays. Avec cette conclusion effarante…«Entre 1980 et 2013, le pourcentage de personnes affichant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25 – la limite au-delà de laquelle les gens sont considérés en surcharge pondérale – est passé au niveau mondial de 28,8% à 36,9% chez les hommes et de 29,8% à 38% chez les femmes , explique le Dr Christopher Murray, un des auteurs de l’étude (Université de Washington).L’obésité est un problème qui touche tout le monde, quel que soit l’âge ou le revenu, et n’importe où.»

Le phénomène est encore loin de toucher tous les pays de la même manière: les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie sont en tête des pays développés, avec plus de 60% de personnes de plus de 20 ans obèses ou en surpoids. Toujours dans les pays développés, surpoids et obésité ont atteint un sommet chez les hommes de 55 ans (deux sur trois en surpoids et un sur quatre obèse). Idem chez les femmes de 60 ans.

Dans certains pays, plus de 80% des adultes touchés! 

Pour ce qui est des pays en développement, si l’obésité reste exceptionnelle dans certains pays d’Afrique (Burkina Faso, Tchad, etc.), d’autres au Moyen-Orient, en Amérique latine ou en Océanie ont déjà dépassé les pays occidentaux. C’est notamment le cas de l’Égypte, de la Libye, de l’Arabie saoudite, d’Oman, de Bahreïn et du Koweït. Là-bas, le surpoids et l’obésité atteignent désormais plus de… 70% des femmes de plus de 20 ans.Tendance identique dans plusieurs pays d’Amérique latine (Mexique, Salvador, Costa Rica, Honduras, Chili, Paraguay) et surtout dans les micro-États du Pacifique (îles Tonga, Kiribati ou Samoa), où le taux dépasse 80% tant chez les hommes que chez les femmes de plus de 20 ans.

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Obésité infantile: la catastrophe

Autre constat catastrophique: entre 1980 et 2013, le nombre d’enfants ou d’adolescents obèses ou en surpoids dans le monde a augmenté de 50%.Il atteint désormais 22,6% des filles (contre 16,2% en 1980) et 23,8% des garçons (contre 16,9% en 1980) dans les pays développés. Et environ 13% des enfants des deux sexes dans les pays en développement. Avec une hausse particulièrement notable au Proche-Orient et en Afrique du nord, mais uniquement chez les filles.«Cette hausse est très inquiétante dans la mesure où l’obésité infantile peut avoir de graves conséquences sur la santé, notamment cardio-vasculaire, sur le diabète et de nombreux cancers», souligne Marie Ng, une des chercheuses qui a coordonné l’étude.

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Des millions de morts ou… un manque à gagner pour l’industrie

Selon une autre étude publiée en 2012 dans The Lancet, le surpoids et l’obésité auraient provoqué 3,4 millions de décès au cours de la seule année 2010.

En cause, les maladies cardiovasculaires liées à une surcharge pondérale, mais aussi les cancers, le diabète, l’arthrose et les maladies rénales chroniques, des apnées, etc.

Bref, notent les auteurs de l’étude publiée hier, l’obésité est devenue un problème planétaire de santé publique. Bien pire que d’autres risques sanitaires majeurs, comme le tabac ou la malnutrition infantile.

La raison? Contrairement à ceux-ci, «aucun pays n’a réussi à réduire son taux d’obésité au cours des trois dernières décennies », avertit le Dr Murray, un des chercheurs (Université de Washington).

«Et nous nous attendons à ce qu’il augmente régulièrement dans les pays à faibles et à moyens revenus, sauf si des mesures urgentes sont prises. »

Un seul remède selon les chercheurs: une action au niveau mondial «pour aider les pays, notamment à faibles ressources, à intervenir plus efficacement contre les déterminants majeurs que sont l’apport excessif de calories, l’inactivité physique et la promotion des produits alimentaires par l’industrie»

Dans ce cadre, l’objectif des Nations unies de stopper la progression de l’obésité d’ici à 2025 est très ambitieux, notent encore les chercheurs. «Mais il a peu de chance d’être atteint sans une action concertée.»

En cause, notamment, les répercussions de la lutte contre l’obésité sur l’industrie agroalimentaire. «Au Royaume-Uni, une étude a montré que pour faire redescendre l’IMC à son niveau de 1980, il faudrait une réduction de 8% de la consommation dans le pays. Cela coûterait à l’industrie alimentaire d’environ 10,6 milliards par an. Est-ce possible dans un monde concurrentiel néolibéral? », demande Klim McPherson, un des chercheurs.

Source: http://www.lavenir.net/

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