Gammy, le bébé qui sème le malaise sur la GPA


«Cette affaire est un révélateur et nous espérons qu’elle va aider à mieux encadrer la question de la GPA», selon la porte-parole de l’association Surrogacy Australia.

Pattaramon Chanbua,  Gammy

Son sort a ému le monde entier. Gammy, ce bébé de sept mois atteint de trisomie et de problèmes cardiaques, aurait été abandonné par ses parents biologiques australiens et laissé à sa mère porteuse thaïlandaise. Enceinte de jumeaux, cette dernière accuse les parents d’avoir emmené sa sœur jumelle en ignorant le garçon malade.

Des allégations que réfutent les parents biologiques. Dans un communiqué diffusé par une amie et publié dans un journal local, le couple affirme avoir été informé des problèmes de cœur de l’enfant mais pas de sa trisomie. Ils auraient alors décidé de le laisser car les médecins estimaient qu’il ne lui restait qu’un jour à vivre.

Le couple avait fait appel à une agence pour trouver une mère porteuse en Thaïlande, contre 11.000 euros. Mais, selon les parents, l’accord entre les deux parties aurait été rompu car la mère porteuse ne s’est pas rendue dans un grand hôpital international de Thaïlande pour accoucher mais dans un autre établissement. Craignant de perdre leur droit sur leurs deux enfants, ils auraient alors accepté de ne garder que la jumelle. «Les parents biologiques étaient effondrés de ne pouvoir emmener le garçon avec eux mais en restant ils prenaient le risque de perdre aussi la fillette», rapporte leur amie.

«Une situation tragique et difficile»

Les versions diffèrent et les révélations se succèdent de jour en jour. Les médias australiens sont parvenus à identifier les parents et ont révélé que le père avait été condamné à trois ans de prison dans les années 1990 pour des agressions sexuelles sur deux fillettes de moins de dix ans. Il a également été condamné à 18 mois de prison pour des attouchements sur un autre enfant. La mère porteuse, qui assure n’avoir «jamais menti» dans cette histoire, souhaite aujourd’hui récupérer la fillette.

Alors que l’association australienne Hands Across the Water Charity a réussi à collecter plus de 230.000 dollars pour aider Gammy, le gouvernement australien se dit aujourd’hui choqué par cette histoire. «Nous sommes face à une situation tragique et difficile», s’est ému le premier ministre, Tony Abbott.

Pour autant, la situation reste complexe. En Australie, la gestation pour autrui est autorisée mais elle est considérée comme illégale si les mères porteuses se font rémunérer. Les procédures restent lourdes, mal encadrées et coûtent très cher, ce qui explique que certains couples préfèrent se rendre à l’étranger où les frais sont moindres et les démarches plus simples. En outre, les soins coûtant extrêmement cher en Australie, beaucoup de couples se tournent vers la Thaïlande.

Mais les lois d’Australie-Occidentale, État dans lequel réside le couple, sont laxistes sur la question et n’obligent pas la demande du casier judiciaire des parents ayant recours à la GPA.

La Thaïlande, eldorado des GPA à bas prix

«Cette affaire est un révélateur et nous espérons qu’elle va aider à mieux encadrer la question de la gestation pour autrui. Nous ne voulons pas son interdiction, nous voulons qu’elle soit plus souple au contraire et plus accessible car la demande des couples australiens est forte et il faut les aider», explique au Figaro Rachel Kunde, porte-parole de l’association Surrogacy Australia, qui met en relation des familles australiennes avec des mères porteuses.

Aujourd’hui, 400 couples d’Australiens attendent la naissance de leur enfant, portés par des mères thaïlandaises, et s’inquiètent des conséquences de cette affaire. La Thaïlande est en effet devenue en quelques années un nouvel eldorado pour les couples cherchant à effectuer une GPA à bas prix. Alors qu’une telle procédure coûte au minimum cent mille dollars aux États-Unis (75.000 euros), le recours à une mère porteuse en Thaïlande ne reviendrait au total qu’à 40.000 dollars en moyenne, en comptant le «salaire» de la mère porteuse.

De nombreuses agences proposant de faire le lien entre parents et mères porteuses sont apparues. Ces agences sont la plupart du temps des filiales d’agences préexistantes aux États-Unis ou en Australie. Elles se sont particulièrement multipliées depuis la fermeture l’année dernière du droit à la GPA aux couples homosexuels en Inde. En 2010, la Conférence de droit international privé de La Haye, dans son rapport sur le statut des enfants, indiquait une augmentation de 1000 % entre 2006 et 2010 d’arrangements établis par cinq agences témoins. Preuve d’un marché du «tourisme procréatif» en pleine expansion.

source: http://www.lefigaro.fr/

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