Maroc Algérie, Maroc, Afrique du Sud… Quand l’automobile se met au made in Africa


Renault inaugure aujourd’hui sa première usine en Algérie. Un investissement minime comparé à celui consenti chez le voisin marocain mais qui montre que l’Afrique est un territoire de conquête pour tous les constructeurs automobiles du monde… Même si pour l’heure, les volumes restent faibles : il se vend autant de voiture en Espagne que sur l’ensemble du continent en une année.

C’est parti ! Le patron de Renault, Carlos Ghosn, accompagné d’une brochette d’officiels français et algériens, a inauguré le 10 novembre la nouvelle usine du constructeur près d’Oran, en Algérie. Capacité du site, le premier du genre en Algérie ? Plutôt modeste : en phase initiale, 25 000 Renault Symbol par an doivent sortir des chaînes. C’est qu’en Algérie et ailleurs, l’Afrique reste une terre de mission pour l’industrie automobile. Sur le plus pauvre des continents, 40 millions de véhicules circulent sur les pistes de latérite ou au milieu du cauchemar des mégapoles, le marché du neuf reste dérisoire. En dépit de son milliard d’habitants, le continent a totalisé à peine 1,2 million d’immatriculations de voitures neuves l’an passé (1,6 million avec les utilitaires), moins que le marché espagnol. Et encore, l’Afrique du Sud, à elle seule, pèse 40 % de ce total, suivie de loin par l’Égypte, l’Algérie et le Maroc. Les ventes en Afrique subsaharienne restent dérisoires.

410 000 voitures par an portent le label « made in Africa »

Quant à la production, ce n’est guère mieux. En 2013, 410 000 véhicules légers ont pu être labellisés « made in Africa ». Producteurs ? Une poignée de pays dont surtout l’Afrique du Sud, qui reste de loin le plus avancé. Héritage d’une industrialisation débutée sous l’apartheid, le pays du regretté Mandela assure les deux tiers de la production africaine avec ses sites BMW, Volkswagen, Nissan, Toyota, GM et Ford. Mais en Afrique, les lignes sont peut-être en train de bouger. L’an passé, le continent est celui qui a vu sa production augmenter le plus dans le monde : + 7 %. Une performance qui s’explique surtout par la montée en puissance du site Renault de Tanger. Ouvert en 2012, celui-ci produira cette année 180 000 véhicules. Il est taillé pour le double.

Le défi de l’Afrique ? Etablir une solide suppply-chain

L’Égypte et l’Afrique du Sud sont aussi en phase de reprise. Sur un continent en regain de croissance, où émerge une classe moyenne, d’autres pays, comme le Nigeria, se mettent à rêver d’automobile. Le géant ouest-africain a même mis sur pied un plan de développement ad hoc. Combinant incitations et mesures protectionnistes, celui-ci a conduit Nissan à ouvrir en avril un site d’assemblage de 4 X 4 et pick-up à Lagos de 45 000 véhicules par an. Au-delà, plusieurs dizaines d’usines seraient en projet dans le pays ! Bien sûr, les vieux routiers de l’Afrique ne s’en laissent compter. Au Nigeria, au Kenya ou ailleurs, ces sites ne sont souvent que des usines tournevis assemblant des kits, parfois chinois ou indiens. Le défi africain, ce ne sont pas ces usines inaugurées en grande pompe, mais la mise sur pied d’une solide supply chain. Et là, il y a du travail.

source : http://www.usinenouvelle.com

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